Les dangers du cadmium dans notre alimentation et comment s’en protéger au quotidien
AUTEUR : Groupe Alimentation TEC – (HC/D/C/MO) ♦ PUBLICATION : Juin 2026
Le cadmium est un métal lourd, blanc, proche du zinc, présent dans les sols et l'alimentation.
Depuis 1993, il est classé « cancérigène certain » par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC), car il est notamment impliqué dans l’augmentation très forte des cancers du pancréas, (multipliés par 4 en 30 ans) ; il est toxique pour les reins, les os, la fertilité et le cerveau.
La population française est la plus exposée de tous les pays de l’Union européenne. Selon une étude nationale de bio surveillance Esteban (2014 2016) confirmée par Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (ANSES) en 2025, 47,6% de la population de 18 à 60 ans dépasse le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines et 23% des enfants dépassent les valeurs sanitaires journalières de référence.
Ce constat s’explique par le fait que la France importe du Maroc des engrais phosphatés plus chargés en cadmium que la norme européenne. Par dérogation depuis 2019, les doses utilisées par la France sont de 90 mg de cadmium par kilo d’engrais, alors que la norme européenne est fixée à 60 mg/kg.
L’alimentation est donc la première source d’exposition au cadmium, via les aliments du quotidien : pains, pâtes, biscuits, pommes de terre, épinards.
Les autorités sanitaires alertent depuis une quinzaine d’années sur la nécessité de la baisse des limites maximales autorisées à 20mg/kg et les associations écologiques militent inlassablement pour changer la législation.
Le 3 juin 2026, sur proposition des écologistes, l’Assemblée nationale a largement adopté en première lecture (144 pour / 22 contre – notamment les députés d’extrême droite -) une proposition de loi visant à atteindre le seuil de 20 mg/kg d’ici 2030 selon les recommandations sanitaires pour limiter les risques d’exposition de la population au cadmium, avec une étape intermédiaire à 40mg/kg en 2027.
A l’échelle des consommatrices et consommateurs, comment réduire l’exposition au cadmium ?
Manger moins de pâtes, de pommes de terre et de riz (pains, pâtes, purée, biscuits salés et sucrés, chips…) ; sur ce point, l’ANSES recommande de remplacer ces féculents par des légumineuses (lentilles, pois chiches).
Manger suffisamment de fruits frais, de fruits à coque, de laitages.
Privilégier les produits biologiques qui limitent les pesticides.
Varier les sources d’approvisionnement en alternant les denrées provenant de différentes zones ou filières pour éviter une exposition répétée au cadmium.
Le manque de fer et de calcium favorisant l’absorption du cadmium dans l’organisme, il est d’autant plus recommandé (surtout aux femmes qui manquent chroniquement de fer et de calcium) d’avoir de bons apports en légumineuses.
Limiter les coquillages, les algues et les abats, car ces aliments ont tendance à accumuler le cadmium quand ils sont en contact avec lui.
Assaisonner ses plats avec certaines épices : la curcumine, le principe actif du curcuma, protège les reins des substances toxiques et préserve leur capacité de filtration. Selon une étude publiée dans le Journal Of Medicinal Food, le gingembre est excellent pour ses effets antioxydants et anti-inflammatoires.
Réduire les quantités de chocolat provenant d’Amérique du Sud dont les sols sont plus riches en cadmium que les sols d’Afrique.
Eviter au maximum la cigarette (tabagisme actif ou passif), car le cadmium s’accumule dans les feuilles de tabac.
Par ailleurs, l’ANSES poursuit ses recommandations plus générales aux professionnels (agriculteurs et fabricants d’engrais), en appelant en priorité à cibler les sols et les pratiques agricoles. Elle préconise de réduire “la dépendance aux engrais minéraux phosphatés”, en recourant notamment à des variétés agricoles “moins accumulatrices de cadmium”.
De son côté, le géant marocain du secteur, l’OCP, assure déjà livrer à l’Union Européenne des engrais phosphatés contenant du cadmium à moins de 20 mg/kg (à vérifier).
Prochaine étape : l’examen du texte de loi au Sénat (date non connue à ce jour).
Autres articles pour mieux comprendre
Pour en savoir plus
- Les articles de l‘ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) Qu’est-ce que le cadmium et quels sont les risques pour la santé ? et Cadmium : agir dès à présent à la source de la contamination des sols
- Entretien de Benoit Biteau à La chène Partementaire (LCP)
- Article du journal Le Monde : Cadmium : l’Assemblée nationale adopte un texte ambitieux pour limiter l’exposition de la population, contre l’avis du gouvernement