8 octobre 2025

« Les impacts humains du changement climatique » conférence de François Gémenne à Antony

Pour nous plonger dans l’ambiance, M. Gemenne projette sur le grand écran de la salle une publicité parue en 1962 dans le magazine Life. On y voit la compagnie Humble Oil and Refining Company (aujourd’hui intégrée à ExxonMobil) se vanter fièrement : « Chaque jour, Humble fournit assez d’énergie pour faire fondre 7 millions de tonnes de glacier. »

AUTEUR : Jean-Paul MASSE DATE PUBLICATION : 30 novembre 2025

Lors d’une conférence très suivie à Antony, organisée par la MAIF, l’expert du GIEC a plaidé pour une transition fondée sur une trajectoire claire, une meilleure visibilité des actions et l’élaboration d’un futur dans lequel chacun peut se projeter.

Trois malentendus sur le changement climatique :

1. Ce n’est pas une crise : il n’est pas temporaire comme la Covid par exemple.

2. Il est graduel et non binaire : ce n’est pas une bataille à gagner ou à perdre, chaque dixième de degré compte.

3. C’est un problème de stock et non de flux : le CO₂ s’accumule et a une durée de vie très longue, et on en émet deux fois plus qu’on en absorbe aujourd’hui.

Les leviers d’une transition « désirable » :

1. D’abord, la nécessité de définir une trajectoire claire : selon lui, l’objectif de neutralité carbone peut apparaître comme un « Everest » démotivant s’il n’est pas accompagné d’étapes lisibles et atteignables.

2. Rendre visibles les actions déjà engagées (publicité). L’orateur cite l’exemple des vélos en libre-service lancés à La Rochelle dans les années 1970, un dispositif devenu depuis un standard mondial.

3. Avoir un Projet au lieu de contraintes et d’efforts. Imaginer un futur « dans lequel nous voulons vivre » permettrait selon lui de restaurer la confiance, notamment chez les jeunes. Il rappelle à ce titre les Jeux olympiques de Paris, passés du scepticisme initial à un large enthousiasme.

Un message mobilisateur

Dans un contexte où certains ressentent négativement un recul des priorités écologiques, la conférence a offert un discours volontariste et structuré. Elle a surtout laissé chez plusieurs participants un regain d’envie d’agir, notamment au sein de TEC, où la question climatique reste d’ailleurs plus que jamais au cœur des préoccupations.